-
"Poèmes lacustres" raconte une quinzaine d'années à bivouaquer au bord des lacs alpins. Ce sont eux qui, années après années, m'ont redonné l'envie de retourner en montagne seul à l'automne, une fois ma saison d'accompagnateur terminée. Il m'a fallu plusieurs années pour comprendre que mes choix de refuges ou de bivouacs avaient pour point commun la proximité immédiate de lacs de montagne. Je ne saurais en donner les raisons exactes, sans doute leur surface réfléchissant les couleurs du ciel, quelques cailloux qui émergent près du bord, les montagnes qui les entourent ? Le fait est que 15 ans plus tard, la passion est toujours intacte. Petit à petit, des poèmes absurdes en prose ont fini par accompagner la diffusion de mes photos sur les réseaux sociaux, donnant son nom à cette série. -
Une douce caresse venait d'effleurer délicatement le Mont Pourri, lui offrant un réveil en douceur. Un peu plus loin, la Platte des Chamois et la Grande Sassière s'éclairaient à leur tour, et réclamaient elles aussi leur part de câlins. Le lac frémissait de plaisir de toute cette douceur. _____ Haute-Tarentaise, Savoie, Octobre 2014. -
Alors que les Platières émergeaient doucement d'un sommeil réparateur, le Mont Pourri, lui, tardait à s'éveiller, engourdi qu'il était par ce froid matin de septembre. Pendant ce temps, les cailloux barbotaient dans les eaux fraiches du Lac de la Plagne. _____ Vallée de Peisey, Savoie, Septembre 2012. -
La touffe d'herbe n'avait pas manqué une miette du spectacle. Dès les premières lueurs bleutées, elle avait assisté aux préparatifs de la Grande Casse, regardé les voiles nuageux se mettre en place, elle piaffait d'impatience à l'approche de ce moment unique, chaque jour différent. Tout d'un coup, l'explosion eu lieu. Dans une lente déflagration, les nuages rosirent sans gêne aucune, tentant de voler la vedette à la montagne. Celle-ci s'en moquait, elle savait très bien qui était le faire-valoir dans cette affaire.
_____ Termignon, Savoie, Septembre 2013.